Entretien avec Jean-François Pirson par Eric Létourneau avec la présence de Suzanne Joly. Cet artiste nous parle de ses workshops et de sa pédagogie de l’espace. Durée 1h15 . Puis Viande, Sa Vente se libère pour les dernières 45 minutes en une série de mouvements évoquant la nostalgie du futur au Québec.
Éric Létourneau
artiste extradisciplinaire à échelle transfinie
Jean-François Pirson se définit comme artiste-pédagogue en tant que marcheur, danseur, chorégraphe, photographe, dessinateur, écrivain. C’est de manière kinesthétique qu’il exprime et pratique son rapport à l’espace, par le toucher et le mouvement, ce qui l’emmène à un arpentage de divers territoires. Cette méthode de marche permet, selon lui, de bouger le corps et la pensée, qu’il exprime par l’idée « d’habiter sans se sédentariser ». C’est-à-dire habiter pleinement un lieu et en prendre soin (même de très courte durée) et ne pas sédentariser sa pensée. Il marche alors avec son corps qui « contracte tout le territoire d’un bloc. Il ne s’embarrasse pas plus des détails, mais fait le choix entier d’un espace. » Il se laisse propice à la rêverie et à l’éveil d’une idée.
« L’arpenteur marche sans raison apparente ou pour prendre, les sens ouverts, la mesure du monde dans différents champs : phénoménologique, chorographique [la description d’un paysage] ou géographique, plastique, anthropologique et politique. Cet arpenteur est aussi la personne qui parcourt, en la révélant à lui même, un petit morceau de terre connu ou négligé, tentant de faire corps avec lui, sans but précis, la personne considère cette expérience comme un simple moyen -poétique- de lier sa vie à l’étendue de notre humanité. »
Arpenter, Jean-François Pirson